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Intelligence artificielle et société

L’Intelligence Artificielle et notre société: la place qu’elle prend et ce qu’elle dit de nous

Si vous avez l’habitude de nous lire, cet article pourrait vous surprendre. En effet, il tranche avec les autres par son caractère moins scientifique et par une approche plus basée sur une réflexion ouverte. Il se trouve que l’on dit régulièrement que l’on vit avec l’Intelligence Artificielle, avec un sous-entendu soit fataliste, véhément soit complètement fanatisé fan-boy. Cependant il serait temps de s’arrêter sur les implications sociétales de tels bouleversement techniques. Comment sont-ils utilisés et que permettent-ils de dire de notre société. A la vu du sujet, vous comprendrez donc que cet article partage en grande partie un réflexion personnelle. Il est donc largement sujet aux discussions et débats. Le but serait même de provoquer ces débats.

intelligence artificielle et société

Un alignement des planètes

On croit, souvent à tort a mon avis, que l’usage d’intelligence artificielle a depuis son adoption radicalement modifié notre société. Bien que ce changement existe, il me semble que l’impact soit plus de l’ordre esthétique que fondamental. L’émergence de ces technologies, théorisées d’un point de vue scientifique depuis des décennies, n’a été possible que par la préexistence de ce que l’on considère aujourd’hui comme les conséquence de ces techniques. Plus exactement, je parle ici de la volonté d’efficacité appliquée à tout bout de champs. Ajoutez à cela un stock de données monstrueux permettant l’entraînements des systèmes et vous avez le terreau fertile pour l’IA .

On peut aussi remarquer que l’Intelligence Artificielle n’a pas, d’elle-même, provoqué ce que l’on appelle « la surveillance de masse ». Ces technologies l’ont certes perfectionnée et amenée a un niveau encore jamais vu dans l’histoire de l’humanité, mais c’est cette surveillance et la collecte de données, préexistante a ces systèmes modernes, qui a justement permis leurs émergence. Nous pourrions même remonter plus loin! Quel dictateur, empereur, roi n’avait pas son réseau d’espion et de sentinelles pour garder le contrôle du pouvoir? Nous n’avons fait que remplacer ce réseau par un système technologique bien plus performant.

Lorsque l’on regarde l’évolution des techniques en IA, on voit une recherche de toujours plus d’efficacité, sans que ces évolutions ne soit par personnes, c’est l’IA qui a, d’une certaine manière, une autonomie complète dans son processus d’évolution. On ne peut que décréter l’autonomie de l’évolution de ces techniques en voyant nombre d’articles, suivant une « innovation », se demandant « Maintenant, où pouvons-nous bien utiliser ça ». Ce n’est non plus la nécessité d’amélioration du « bonheur humain », de manière un peu caricaturale, qui guide l’évolution. Désormais, c’est l’amélioration du système devient un but en soi. Et puis, après tout, on trouvera bien une utilité plus tard. A travers l’Intelligence Artificielle, c’est tout le modèle moderne de l’évolution technologique qui est à penser. Cependant, ce n’est pas ici le sujet de l’article, nous allons donc nous attarder sur d’autres points me tenant à cœur.

L’IA, un choix de société à faire?

Sans remettre en cause le système complet, certain problèmes, d’ordre sociétaux ou éthiques, apparaissent vis-à-vis des techniques d’intelligences artificielles. Ces problèmes sont plus simple a traiter, bien que moins profond, car ils découlent de considérations techniques. Les techniques modernes d’intelligence artificielles sont, dans tous les domaines « maîtrisés », nettement meilleurs que les humains. Que ce soit pour lire une radiographie ou déduire les sentiments d’une personne, les systèmes informatiques sont meilleurs que nous. Aucune critique visant leur efficacité n’est donc, à mon sens, acceptable.  Par contre, la critique arrive justement a propos de cette efficacité : quel est le prix d’un système si efficace? Par exemple, ces systèmes sont structurellement incapable d’expliquer leur « raisonnement ». Les guillemets sont volontaires, puisque, agissant comme une boite noire, nous ne pouvons pas mettre de mots sur ce « mécanisme d’apprentissage ».

Nous avons donc des systèmes qui donnent de bon résultats, mais non vérifiables. Ce qui revient à abandonner sa capacité d’action, remettant en quelque sorte les clés au Dieu IA. Non pas qu’il ne le veuille pas, mais car il ne le peut pas. Le problème fondamental étant que le choix de cet abandon de capacité d’action et de réflexion caractérisant l’esprit humain, n’est pas laissé aux utilisateurs ou consommateurs (appelez-les comme vous voulez). Quelqu’un, un jour, a probablement dit « Ça marche mieux, donc on va faire ça comme ça ».

Vous ne pouvez pas échapper a ce choix de société pour lequel vous n’avez jamais été consulté. Que ce soit pour avoir un prêt a la banque, retrouver des anciens amis sur internet ou même savoir quel restaurant essayer, vous êtes constamment soumis à un système global qui ne peut expliquer les réponses qu’il va donner a vos question. Vous devez simplement lui faire une confiance aveugle et absolue. Ça ce joue a la confiance en quelque sorte. Sauf que vous n’avez pas le choix de faire confiance ou non.

Le mythe du consentement

Certains me diront « Tu as le choix, si tu ne veux pas participer a ce système, tu ne vas pas sur Facebook ou sur internet, et c’est bon ». Cette phrase sous-entend qu’une acceptation d’une page de condition implique un consentement. D’une part, le fait que ces textes soient  rédigés dans le but d’éviter toute lecture pousse à remettre en cause leur validité d’un point de vue moral. Mais surtout, on demande aux utilisateurs d’être consentant à propos de quelque chose dont ils ignorent tout. Pourquoi s’opposer a une collecte de données si on ignore ce dont on peut bien faire de cette masse de données, sauf par pur esprit de contradiction?

La question nous est toujours posée sous la forme de « Consentez-vous à nous fournir vos données personnelles? ». Cependant, cette question peut être considérée comme biaisée. Effectivement je peux laisser des informations de base sur moi, après tout je m’en fiche non? Mais le réel impact se situe sur la masse de données. C’est le fait que l’entreprise possède les données sur des millions de personnes qui devient réellement impactant pour chacun d’entre nous, individuellement. Nous avons donc été consentant, mais un consentement non éclairé a-t-il une quelconque valeur ?

Conclusion

Je me suis attaché a une critique relativement morale et philosophique. Le format pousse a une certaine concision dans les propos, il est donc plus que probable que vous trouviez de nombreux raccourci. S cela est le cas, les commentaires sont la pour ça, le sujet pousse à la discussion. Cette critique, d’un point vue plus « des idées » que des applications pratiques, m’a poussé a ne pas parler d’un certain nombre d’autres problème qui méritent pourtant qu’on s’y attarde. Par exemple, la question du travail et des modification des rapports de productions sont des sujets selon moi importants.

Pour ceux passionnés par le sujet comme moi, je vous invite à suivre des personnalités comme Laurent Alexandre, Yann Lecun ou encore Cathy O’Neil.

Par Clément Caffin


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